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Enquête sur le coût de la vie en prison

 
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titi_nikki
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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 18:38 (2014)    Sujet du message: Enquête sur le coût de la vie en prison Répondre en citant

Enquête sur le coût de la vie en prison


Logés, blanchis, nourris, les prisonniers? En réalité, la vie derrière les barreaux coûte très cher aux plus démunis: tout est facturé à un prix exorbitant. Et trop peu d'entre eux peuvent travailler, pour un salaire dérisoire. Enquête exclusive. 

Grâce à la location de téléviseurs, l'association socioculturelle de la prison de Fleury-Mérogis s'est constitué un magot de 800 000 euros.

REUTERS/Bertrand Guay/Pool

Des tarifs de haut vol
Bouteille d'eau: + 102%
Badoit 1,5 l : 1,21 euros dans une prison de Picardie, contre 60 centimes dans une grande surface voisine  
Céréales: + 38%
Chocapic blé et chocolat : 2,70 euros à la maison d'arrêt de Laval (en 2009), contre 1,96 e sur le site Auchandirect  
Chocolat: + 129%
Tablette Crunch au lait : 1,83 euros dans une prison de Picardie, contre 80 centimes dans une grande surface voisine  
Sucre: + 85%
1 kilo : 1,74 euros dans une prison de Picardie, contre 94 centimes dans une grande surface voisine  
Réfrigérateur, Plaque de cuisson, Télévision: 78%
C'est la rentabilité annuelle à Lons-le-Saunier pour la location (198 euros par détenu et par an) de ces trois appareils (valeur à l'achat : 252 euros).  
Pot de Nutella: + 31%
400 g : 3,04 euros au centre de détention de Muret, contre 2,32 euros à l'Intermarché de Toulouse  
Kiri : + 142%
8 portions, 160 g : 3,83 euros dans une prison de Picardie, contre 1,58 euros dans une grande surface voisine  
Thé: + 62%
Lipton 25 sachets : 2,04 euros à la maison d'arrêt de Laval (en 2009), contre 1,26 euros sur le site Auchandirect  
Coca-Cola: + 22%
Boîte 33 cl : 50 centimes à la maison d'arrêt de Laval (en 2009), contre 41 centimes sur le site Auchandirect  
Dentifrice: + 55%
Signal 75 ml : 1,04 euros dans une prison de la région Centre, contre 1,61 euros au Carrefour voisin  
Crème Nivea: + 17%
Tube 100 ml : 2,60 euros dans une prison de la région Centre, contre 2,22 euros au Carrefour voisin  
Papier toilette: + 77%
39 centimes en septembre 2009 à la maison d'arrêt de Saint-Malo, contre 22 centimes comme premier prix actuel sur le site Carrefour.fr  

Milieu de matinée au centre pénitentiaire de Rennes. Le travail vient de reprendre dans les ateliers. Penchées sur leur ouvrage, dans le cliquetis des machines à coudre, plusieurs dizaines de détenues s'appliquent à piquer les coutures des uniformes qu'elles confectionnent, sous l'oeil vigilant de leur supérieur. "En prison non plus, le salarié ne peut se permettre de perdre son job. Car si dehors on se plaint de la vie chère, derrière les murs, elle est exorbitante", s'emporte François Korber, la tignasse blanchie par treize années sous les verrous, président de l'association de défense des prisonniers Robin des lois. La réalité carcérale, très loin de la vision populaire du "logé, nourri, blanchi", est bien celle-là : la vie en prison coûte cher aux détenus, et l'argent, dedans plus encore que dehors, est le nerf de la guerre. 
Le train de vie derrière les barreaux se joue déjà à l'épicerie - le "cantinage", dans la langue pénitentiaire. Chaque établissement assure évidemment un service gratuit de restauration à l'attention des prisonniers, mais il héberge en plus un véritable supermarché très tentant pour chacun d'eux. Le détenu ne flâne pas dans les rayons pour comparer les prix, non : il coche les produits souhaités sur un catalogue. Officiellement, l'inventaire de la supérette ne doit pas sortir de la prison, mais L'Expansion s'en est procuré plusieurs exemplaires. Surprise : les biens de première nécessité sont facturés au prix fort. En 2009, à la maison d'arrêt de Saint-Malo, le rouleau de papier toilette revenait à 39 centimes, un surcoût de 77 % par rapport au premier prix pratiqué aujourd'hui sur le site Internet de Carrefour. Le centre de détention de Muret (Haute-Garonne), quant à lui, surfacture le pot de Nutella de 31 % par rapport à l'Intermarché de Toulouse. Une étude réalisée en mai 2010 par les équipes de Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté, et portée à la connaissance de L'Expansion,pointe les marges bénéficiaires du prestataire privé Avenance (Groupe Elior) dans une prison de Picardie : "Certains articles valent le double de ce qu'ils coûtent dans la grande surface voisine", résume le document. 
En théorie, les prix des denrées devraient être très encadrés
"Le passage du public au privé fait augmenter les prix de 25 % en moyenne", estime Jean-Marie Delarue. En théorie, l'épicier du privé ne peut pourtant pas faire valser les étiquettes à loisir, l'administration veillant au respect d'engagements écrits. En pratique, il en va tout autrement. "Sur 30 produits étudiés en février 2010 dans une prison de Haute-Normandie, 25, facturés trop cher, dépassaient largement les limites de prix fixées par la convention", accuse un contrôleur. "Dans les établissements en gestion déléguée, les prix sont fixés dans des conditions insuffisamment définies par les conventions actuelles", renchérit la Cour des comptes. "L'administration impose des conditions de prix extrêmement draconiennes. Les tarifs doivent être proches de ceux pratiqués par la grande distribution voisine", se défend Eric Roussel, directeur général des opérations d'Avenance, le seul prestataire qui a bien voulu évoquer ces questions épineuses. 
Mais, au-delà des prix pratiqués, les supérettes carcérales s'imposent aux détenus comme un point de passage obligé si l'on veut s'assurer un supplément alimentaire. "Pour un sportif, les repas servis en barquette par le prestataire privé ne suffisent pas. Certains détenus disposent de seulement 1 700 calories par jour, à peine plus de la moitié de leurs besoins", estime Jean-Marie Delarue. Alors, question embarrassante : une pénurie serait-elle organisée dans la gamelle pour conduire les détenus à devenir de bons clients de l'épicerie ? "Faux. Des diététiciens surveillent scrupuleusement l'équilibre alimentaire des repas. Mais il n'est pas facile de constituer un menu avec les contraintes de prix très serrées de l'administration", répond Eric Roussel. De fait, il lui faut servir trois repas avec une somme allant de 6 à 10 euros par jour et par détenu. Mission quasi impossible. Et l'administration pénitentiaire, très - trop ? - près de ses sous, fait le jeu de l'épicier. Avec notamment une distribution parcimonieuse de produits d'hygiène. Dans certains établissements, c'est par nécessité absolue que les détenus surpaient leur papier toilette, leur dentifrice et leur eau de Javel. Si l'on en croit un rapport de visite au centre pénitentiaire de Lannemezan publié en septembre 2009, les détenus doivent acheter eux-mêmes leurs sacs-poubelle s'ils veulent garder leurs cellules à peu près présentables. 


Louer une télé, un véritable "impôt carcéral"
"Le privé surfacture, mais la pénitentiaire prend aussi sa part du butin carcéral en louant les téléviseurs à des prix scandaleux", s'étrangle François Korber. Cet avocat de la coursive connaît presque de tête tous les tarifs télé des prisons françaises : 42 euros par mois à Nice, 40 euros aux Baumettes (Marseille), 36 euros à Aix-Luynes... Des établissements comme celui de Lons-le-Saunier ne facturent pas la location par téléviseur, mais par détenu. Pour deux reclus dans la même cellule, le bailleur encaisse deux fois. A ce tarif, les télés dégagent des marges bénéficiaires à faire pâlir de jalousie les poids lourds du CAC 40. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2010, la maison d'arrêt de Montbéliard affiche 39 % d'excédent. Un calcul financier donne même 78 % de rentabilité à la prison de Lons-le-Saunier (voir illustration page 62). 
"Il ne s'agit pas de donner du caviar aux reclus, mais de leur permettre de vivre dignement et d'indemniser les victimes." 

Mais cet "impôt carcéral", comme les détenus l'appellent, ne tombe pas exactement dans les caisses de l'administration. Il vient gonfler celles des associations socioculturelles, le plus souvent gérées par les surveillants de prison. Avec 800 000 euros en caisse fin 2009, l'association de Fleury-Mérogis s'impose comme la plus riche (voir encadré page 64). Sur tout le territoire, le magot de la garderie se monterait à environ 10 millions d'euros, gérés "dans des conditions opaques", selon la Cour des comptes. Naturellement, dans cet univers clos, les suspicions sur l'emploi d'un tel pécule fermentent. En 2010, un surveillant du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand, en Bourgogne, a été condamné pour avoir confondu la caisse et son compte en banque pour un montant de 90 000 euros. Mais pas d'amalgame : l'argent des télés sert à financer des activités culturelles (théâtre, musique, spectacles...), sportives (équipements, leçons) et sociales (aide aux plus démunis, ceux qu'on appelle "les indigents"). "Autrement dit, avec ce régime, les détenus financent eux-mêmes leurs activités et leur réinsertion, s'insurge Marie Crétenot, de l'Observatoire international des prisons (OIP). Ce genre de mission devrait relever du ministère de la Justice." Plus choquant : la caisse des associations sert parfois à boucler les fins de mois du centre de détention. Selon la Cour des comptes, des "associations" ont acheté du matériel, et même embauché des agents en contrat à durée déterminée dans l'établissement. Mais cette gestion un peu baroque vit ses derniers mois. La chancellerie vient de promettre aux détenus la télévision à 8 euros par mois à partir de 2012 dans les prisons publiques, et un an plus tard dans les établissements en gestion déléguée. 
"Les gens se battent derrière les murs pour travailler"
Entre l'épicerie hors de prix et la télé surfacturée, les détenus n'ont guère le choix : pour survivre derrière les barreaux, il leur faut trouver un emploi. Comme dehors. Mais, comme dehors, il y a du chômage. L'administration pénitentiaire a donc pour mission de tout mettre en oeuvre afin de fournir du travail aux personnes incarcérées. On est loin du compte. "Les gens se battent derrière les murs pour travailler", témoigne un ancien détenu. Tout le monde s'accorde à dire que la vie sans ressources en détention est impossible. Revenu de solidarité active, allocations de chômage, etc., les droits sociaux s'arrêtent aux portes des cellules. "Il ne s'agit pas de donner du caviar aux reclus, mais de leur permettre de vivre dignement, d'indemniser les victimes et de bénéficier d'un aménagement de peine", remarque un ancien détenu. 
Question délicate: une pénurie serait-elle organisée dans la gamelle pour conduire les détenus à devenir de bons clients de l'épicerie? 

A la prison pour femmes de Rennes, le travail participe de la gestion apaisée du centre pénitentiaire. Chacune a son histoire à raconter. Il y a cette femme blonde et élégante qui est affectée aux ateliers de restauration des films de l'Institut national de l'audiovisuel. Elle vient d'obtenir une autorisation de sortie, après dix années de détention, et rêve de poursuivre l'aventure hors les murs, sans même imaginer que la révolution numérique a déjà tout balayé sur son chemin. Et puis il y a Marianne, mise en plis impeccable, opératrice au centre d'appels Webhelp, incarcérée depuis quatre ans. "Mes 700 euros net mensuels me permettent d'indemniser les victimes sans dépendre des autres. Déjà qu'on a commis une erreur...", dit-elle avec un sourire triste. Avec un taux d'emploi frisant les 80 %, Rennes est un centre pénitentiaire exemplaire, de ceux que l'on montre pour effacer l'image d'une prison surpeuplée et oisive. Car, en moyenne, dans l'Hexagone, seulement 36 % des détenus exercent un emploi, selon l'administration (25 %, selon l'OIP). La crise économique est passée par là : un emploi sur trois a été supprimé. "Produire en prison, des solutions adaptées à vos besoins" : à coups de plaquettes, l'administration ne ménage pourtant pas sa peine pour inviter les entreprises à recourir à la main-d'oeuvre carcérale. Principal argument : un coût défiant toute concurrence, l'équivalent d'une délocalisation industrielle en Pologne. 
Le droit des salariés n'a pas sa place en prison
A Rennes, le salaire brut horaire varie de 2,55 à 7,29 euros, avant retenues pour l'indemnisation des victimes (de 20 à 30 % du salaire) et la constitution d'un pécule en vue de la sortie (5 %). Les disparités sont fortes : le salaire mensuel moyen équivalent temps plein en prison s'élève à 314 euros, toujours selon l'OIP. Mais, à Poissy, les détenus affectés à l'assemblage d'automobiles peuvent en gagner jusqu'à 1 000. A la maison centrale de Saint-Martin-de-Ré, on a vu des aides auxiliaires bénéficier d'une liberté de circulation supplémentaire en guise de rémunération ! Du travail noir, ni plus ni moins. De toute façon, le droit du travail n'entre pas dans le pénitencier : pas de salaire minimal, pas d'assurance-chômage, pas de congés de maladie, un système de cotisation de retraite spécifique... Avec trente ans d'administration pénitentiaire au compteur, Jean-Yves Dalmar joue aujourd'hui les VRP pour convaincre les entreprises du grand Ouest de créer de la valeur derrière les barreaux. "Chercher du boulot pour les voyous, ça ne vous dérange pas ?" entend-il souvent. 
Des salaires au rabais
Service Général (cuisine, ménage, distribution des repas): 233 euros/mois 
Concessionnaires (sous-traitants, entreprises, etc.): 370 euros/mois 
Régie industrielle (fabrication d'uniformes pour les surveillants, de mobilier pour l'administration, archives de l'INA, imprimerie pour les documents administratifs): 525 euros/mois 
Source : Observatoire international des prisons 

Mais le principal problème est pratique plus que moral. Les entreprises doivent en effet jongler avec les contraintes de sécurité de l'administration, avec l'absentéisme des détenus (parloir, visite médicale, extraction judiciaire, etc.), avec une productivité moindre, avec des prisons pas toujours conçues pour accueillir des marchandises, et enfin - surtout ? - avec le qu'en-dira-t-on. Rarement un sujet a été à ce point tabou. Interdiction absolue de révéler le nom du client historique de Webhelp à Rennes (que L'Expansion utilise comme centre d'appels). 
Et une fois la peine purgée ou une liberté conditionnelle accordée ? François Korber appelle les chefs d'entreprise à embaucher ces personnes : "Elles donneraient ainsi l'exemple à l'Etat, archaïque sur cette question, qui n'embauche aucun condamné." Le 1er février dernier, l'institut Montaigne a réuni quelques dirigeants pour jeter les bases d'une charte, à l'instar de ce qu'il a déjà fait pour la diversité dans l'entreprise. Objectif : développer le travail des détenus hors les murs. La meilleure façon, selon nombre d'experts, de lutter contre la récidive. 
Culture du secret à Fleury-Mérogis
Les successeurs des gardiens de cachot feraient-ils des cachotteries ? L'association socioculturelle de la prison de Fleury-Mérogis dort sur un tas d'or patiemment constitué grâce à la location de téléviseurs aux prisonniers. A la fin de 2009, l'Assodas (Association de soutien et de développement de l'action socioculturelle) revendiquait une trésorerie de 894 735 euros, placée pour l'essentiel en sicav monétaires. Dans les comptes que L'Expansion s'est procurés, certaines lignes mériteraient des explications. Comme les 20 000 euros pour "frais de réception", ou les dépenses d'environ 10 000 euros pour déplacements, voyages et réceptions diverses. Contacté par notre magazine, le nouveau trésorier ne veut pas s'exprimer et renvoie la balle à l'administration pénitentiaire. Réponse de celle-ci, par la voix de l'adjoint au sous-directeur, Paul-Marie Claudon : "Les comptes de l'association ont été certifiés par un commissaire aux comptes. L'administration n'a pas à s'immiscer." Le secret est lui aussi bien gardé... 




Source : lexpress.fr
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Titi_nikki

La prison est un dépotoir de ce que la société ne sait pas gérer


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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 18:38 (2014)    Sujet du message: Publicité

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