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Prison de Strasbourg - Un co-détenu pour prévenir le suicide

 
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titi_nikki
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MessagePosté le: Ven 6 Mar - 11:50 (2015)    Sujet du message: Prison de Strasbourg - Un co-détenu pour prévenir le suicide Répondre en citant

 Prison de Strasbourg - Un co-détenu pour prévenir le suicide


La prison de l’Elsau à Strasbourg est l’un des sept sites pilotes français pour la prévention du suicide des détenus. Avec un dispositif pas évident à mettre en place : la mobilisation d’un « co-détenu de soutien » pour éviter le passage à l’acte.


La prison de l’Elsau, à Strasbourg, est l’une des sept prisons françaises à expérimenter le dispositif du « co-détenu de soutien ». Archives L’Alsace/




Son nouveau compagnon de cellule, à peine arrivé, sort une lame de rasoir pour se trancher les veines : il lui retire et se prépare à une longue nuit. Le nouveau a prévenu : « Si tu dors, je passe à l’acte. » A. est « co-détenu de soutien » (CDS), recruté par la direction de la maison d’arrêt de l’Elsau à Strasbourg et mobilisé lorsqu’un pensionnaire semble sur le point d’attenter à ses jours.
Strasbourg figurait parmi les premiers établissements pilotes. Ils sont aujourd’hui sept et l’on ne parle plus d’expérience. Au moins trois autres sont sur les rangs. « Les co-détenus sont là au moment où les autres mécanismes de prise en charge ne sont pas disponibles » , notamment la nuit et le week-end, explique Alain Reymond, directeur de la maison d’arrêt de l’Elsau.
« Le souci, c’est l’érosion des équipes »
Comme la vingtaine d’autres CDS qu’a connus Strasbourg depuis 2010, A. a été formé par Jean-Louis Terra, référent sur le sujet au niveau national et professeur à l’Université de Lyon 1. En août, cette maison d’arrêt surpeuplée comptait huit CDS, mais ils ne sont plus que deux en ce début mars. « Le principal souci qu’on rencontre, c’est l’érosion des équipes » , souligne Alain Reymond.
« La situation des gens peut évoluer très rapidement , poursuit le chef d’établissement. Ils peuvent bénéficier d’un aménagement de peine, d’une remise en liberté. Et comme ce sont des gens qui ont des profils plutôt favorables, […] quand ils la demandent, souvent, ils l’ont. »
Une nouvelle session de formation aura lieu mi-mai, se réjouit Béatrice Gerges, responsable départementale des actions sociales de la Croix Rouge, qui se rend tous les quinze jours à la maison d’arrêt pour échanger avec les co-détenus de soutien. Trois candidats sont déjà identifiés. Les bons profils sont rares et les volontaires encore plus. Car il n’y a rien à gagner de concret pour ceux qui s’engagent. Pas d’avantage matériel, pas de remise de peine, et encore moins de rémunération.
« Quand je sors de trois jours avec quelqu’un et que je sens que ça va mieux, c’est gratifiant » , dit B., l’autre co-détenu de soutien à Strasbourg. « J’ai le sentiment de redevenir celui que j’étais dehors , décrit B. Parce qu’il faut le dire : quand on entre ici, on perd tout. On n’est plus rien. »
Les angoisses du « choc carcéral »
Souvent, les cas les plus préoccupants sont d’ailleurs de nouveaux arrivants, confrontés au fameux « choc carcéral ». « Il y a une angoisse , explique B., au contact de cette maison d’arrêt sans âme à l’architecture labyrinthique. C’est vrai qu’on voit beaucoup de choses à la télé. Ils ont peur de se faire agresser. On les rassure. »
Parler, mais surtout écouter. Parfois pendant des heures, des nuits entières. Et régulièrement, s’il y a bien angoisse, elle n’a rien à voir avec la prison. « Il y en a un qui m’a réveillé à trois heures du matin pour que j’écrive une lettre. » Du « courrier du cœur » , comme dit B., des mots que l’autre peut dire mais n’arrive pas à écrire. Après deux ou trois jours dans cette ambiance extrême, B. ne sort pas indemne. « Il y a une décompression. J’en ai chialé, des fois. »
Il remplit une fiche, rend compte de son action, donne son diagnostic, mais ne dira rien du véritable contenu des échanges avec son co-détenu. « C’est la question sur laquelle on insiste beaucoup auprès d’eux » , détaille Alain Reymond. « S’ils sont perçus comme des auxiliaires d’administration , analyse-t-il, ils n’auront plus la confiance des gens qu’ils pourraient prendre en charge. » Impossible de mesurer l’efficacité du dispositif, car « on ne peut pas déterminer le nombre de passages à l’acte qu’on évite », prévient Alain Reymond. Pour autant, s’il y a bien eu deux suicides en 2014 à la prison de l’Elsau, ils concernaient des détenus qui ne présentaient aucun signe extérieur identifié, selon les critères de l’administration, et n’avaient pas fréquenté les co-détenus de soutien.
" On a besoin d'avoir un réseau structuré"
Pyjamas en papier ou cellules de protection d’urgence : la prévention du suicide a été renforcée par plusieurs mesures en 2009, dont le dispositif du co-détenu de soutien, désormais pérennisé. En 2002, une circulaire interministérielle avait déjà marqué un premier tournant et donné une légitimité à la prévention, notamment avec des mesures en matière de formation des personnels, sous l’impulsion de Jean-Louis Terra, professeur à l’Université Lyon 1. Le nombre de suicides baissait sensiblement, passant de 120 en 2003 à 93 en 2006, avant de remonter à 115 en 2009.
Un plan est alors lancé, comprenant vingt mesures, notamment sur la formation et la pluridisciplinarité (échanges entre surveillants, services d’insertion et de probation, personnel médical). « Ce sont bien les mesures qui ont mobilisé les personnels qui ont produit le plus d’effets » , évalue Julien Morel d’Arleux, responsable de la sous-direction des personnes sous main de justice au sein de l’administration pénitentiaire.
S’y sont ajoutées des innovations plus techniques, comme les tenues déchirables (pyjamas en papier), les cutters de sécurité (en cas de tentative de pendaison), les cellules de protection d’urgence (spécialement aménagées), parfois équipées de caméra de surveillance. « Il n’y a pas eu de mesure qui ait suscité un rejet total » , affirme Julien Morel d’Arleux, pour qui « le plus difficile à mettre en œuvre, c’est sans doute le co-détenu de soutien ».
« Du qualitatif »
Le co-détenu de soutien est sélectionné, formé, puis placé en cellule avec un prisonnier dont on craint un passage à l’acte. « Ce n’est pas une mesure qui peut être généralisée, parce qu’on est vraiment sur du qualitatif, on a besoin d’avoir un réseau structuré » , estime Julien Morel d’Arleux.
En 2014, 93 détenus se sont suicidés en prison, le chiffre le moins élevé depuis 2006. Le taux de suicide en détention retrouve des niveaux plus vus depuis près d’un quart de siècle (1991), même s’il équivaut encore à plus de sept fois le taux moyen de la population métropolitaine.
Julien Morel d’Arleux appelle maintenir la vigilance. « Si on tombe dans une routine en la matière, on connaîtra ce qu’on avait connu entre 2006 et 2009 » , prévient-il.



Source : lalsace.fr
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Titi_nikki

La prison est un dépotoir de ce que la société ne sait pas gérer


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MessagePosté le: Ven 6 Mar - 11:50 (2015)    Sujet du message: Publicité

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