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« Marche, la prison dont on parle le plus positivement »

 
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titi_nikki
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MessagePosté le: Lun 14 Sep - 17:02 (2015)    Sujet du message: « Marche, la prison dont on parle le plus positivement » Répondre en citant

« Marche, la prison dont on parle le plus positivement »


Depuis deux ans, Frédéric de Thier préside aux destinées de la prison de Marche-en-Famenne.-ÉdA





Cet automne, cela fera deux ans que la prison de Marche a ouvert ses portes. On fait le bilan avec son directeur Frédéric de Thier.
Frédéric de Thier, vous êtes le directeur de la prison de Marche. Cet automne, la prison fête ses deux ans de fonctionnement. Quel bilan pouvez-vous tirer?
Elle a effectivement été inaugurée le 17 octobre 2013 et nous recevions les premiers détenus le 4 novembre. Je dirais qu’après deux ans de fonctionnement, il s’agit de la prison dont on parle le plus positivement.
À quoi est-ce dû selon vous?
Je pense que c’est dû à deux raisons principales. Tout d’abord, la sécurité y est très importante. Nous n’avons pas eu de problèmes d’évasions, d’invasions ou de quelque autre nature que ce soit.
Deuxièmement, le régime de détention est assez innovateur qui permet aux détenus de pratiquer des activités et de rester plus longtemps hors cellules que dans d’autres établissements. Il s’agit d’un régime semi-communautaire. Cela ne veut pas dire pour autant que c’est laxiste!
Quelles sont les activités proposées aux détenus?
Elles sont assez variées et parfois même assez originales. Nous proposons de l’apiculture, de l’art-thérapie, des ateliers rap, rock ou théâtre, des formations qualifiantes en cuisine, en informatique, en gestion, au permis de conduire théorique… Nous proposons également des activités ponctuelles comme le concert que nous avons organisé pour les détenus il y a trois semaines et que nous réitérerons. Les détenus nous ont demandé d’organiser un tournoi de belote. Pourquoi pas? Nous avons par exemple aussi accueilli à trois reprises des philosophes qui sont venus dialoguer avec les détenus. Nous avons tenu à ce que des personnes venant de l’extérieur participent à ces échanges. C’est enrichissant pour les uns et pour les autres. C’est à la fois la culture du respect et le respect de la culture.
« Ce régime est celui qui offre le plus de perspectives aux détenus. Tous seront libérés un jour. Donc autant qu'ils en ressortent meilleurs.
» 

Ce régime semi-communautaire, dont vous êtes l’instigateur à Marche, a déjà fait couler beaucoup d’encre. Qu’est-ce qui vous fait penser que c’est le régime adéquat?
J’ai déjà 25 ans de vie carcérale derrière moi (voir ci-contre). De toutes ces années passées dans les prisons de Wallonie, j’ai retenu certaines leçons. Jusqu’à présent, il y avait deux régimes possibles. Soit un régime très fermé, soit un régime progressif dans lequel le détenu part de très bas pour s’élever selon son comportement. Personnellement, j’ai préféré mettre sur pied à Marche un régime dégressif: le détenu qui entre ici a 100% de confiance. Il a droit à toutes les faveurs. S’il déconne, il y a alors sanction qui peut aller de la privation d’activités à l’isolement. Ici, on travaille sur le renforcement positif. Les détenus savent ce qu’ils ont à perdre. Cela n’empêche pas qu’il y ait des règles strictes…
Ce régime facilite-t-il la réinsertion?
Nous avons un taux de réinsertion assez positif à Marche, même si nous ne disposons encore que de très peu de chiffres. Ce régime est celui qui permet le plus au détenu d’évoluer, celui qui lui offre le plus de perspectives. Ce qui est le but. Tous seront libérés un jour. Donc, autant qu’ils ressortent meilleurs.
Lors de l’ouverture et après les journées portes ouvertes, on a entendu beaucoup de réactions de la population, certains qualifiant la prison d’hôtel, que les détenus avaient trop de facilités ici à Marche…
Je comprends parfaitement ces réactions. Même si les réactions ont été globalement très positives, certaines effectivement allaient dans le sens que nous étions trop permissifs. Cependant, j’ai coutume de dire que le grand public doit prendre conscience que la privation de liberté est déjà quelque chose de terrible en soi.
« Le grand public doit comprendre que la privation de liberté est déjà terrible en soi.
» 

Qu’est-ce qui vous a inspiré ce système: des lectures, des visites dans d’autres établissements étrangers…?
Ce fut assez intuitif en fait et l’expérience est très positive pour le moment. J’ai remarqué ce qui ne fonctionnait pas toujours très bien dans les autres prisons. Si vous enfermez quelqu’un 24 heures sur 24 dans 10 m2 , vous rendrez cette personne dingue. Tout n’est pas rose pour autant.
Que voulez-vous dire?
Chaque prison est confrontée à la violence entre détenus. Pour notre part, on constate le même nombre de bagarres que dans d’autres établissements, mais elles sont moins violentes. Il existe également très peu de violence à l’égard du personnel. En fait, nous n’avons été confrontés qu’à un cas, par un détenu récidiviste, qui était violent dans chaque prison. Et s’il y a de la drogue qui entre chez nous, c’est plutôt de la drogue douce. Il faut savoir qu’on ne peut pas fouiller les visiteurs. La drogue, chaque prison y est confrontée. Le directeur qui prétend le contraire est un hypocrite.
Comment le personnel s’est-il adapté à ce régime semi-communautaire?
Il a fallu une bonne année pour que la vapeur se renverse.
Au départ, une grande majorité du personnel (75%) était plutôt opposée à ce régime. Aujourd’hui, la majorité s’est inversée, et les syndicats aussi. Ils ont vu que ce régime fonctionnait. Le personnel est moins stressé puisque l’ambiance des lieux est moins agressive. Les détenus sont hors de cellules entre 7het 8hpar jour, pour participer à leurs activités. Ils côtoient les agents pénitentiaires quotidiennement. Il y a donc plus de respect, de dialogue que si les contacts se limitaient à la simple ouverture de portes. Mais, si l’agent est plus en contact avec les détenus, la direction doit être plus présente également. Nous sommes donc souvent dans la partie cellulaire. Il faut toujours se rappeler que derrière chaque détenu se cache un homme, une famille, une histoire.
Malgré ce bilan largement positif, subsiste-t-il quelques zones d’ombre?
J’en dénombre deux principales. Premièrement, les restrictions budgétaires font que nous sommes confrontés actuellement à un manque d’effectif. Nous comptons 210 agents pour un cadre de 220, pour une population carcérale de 311 détenus, dont onze femmes.
Deuxièmement, nous manquons toujours de travail pour les détenus. Nous sommes toujours à la recherche d’entreprises désireuses de bénéficier de notre main-d’œuvre. Pour ce qui est des activités, nous sommes toujours preneurs pour toute idée. Je dois d’ailleurs dire une chose. De toutes les prisons que j’ai fréquentées, c’est le milieu associatif marchois qui a été le plus conciliant, le plus réceptif allant même jusqu’à nous proposer des activités, sans a priori, ni préjugés. Sans doute la mentalité luxembourgeoise!
Vous disposez d’une salle d’audience au sein de la prison pour les chambres du conseil. Est-elle utilisée?
Elle n’est pas utilisée par les magistrats et c’est regrettable! Cela permettrait de faire économiser de l’argent à la société. De plus, ce serait moins risqué sécuritairement car, actuellement, tous les déplacements vers les palais de justice se font en fourgon cellulaire. J’y vois une certaine frilosité. Car la salle est sécurisée et les détenus consultent dorénavant leurs dossiers de manière électronique en prison. Et le code judiciaire a changé permettant que les audiences de chambres du conseil se fassent à l’intérieur des prisons, à condition de disposer des infrastructures. Ce qui est le cas en l’occurrence!
Quels sont vos prochains projets?
Nous croyons fort en la validation des compétences. Si nous disposons certes de formations qualifiantes au sein de la prison, d’autres détenus travaillent dans l’établissement sans bénéficier pour autant de diplômes. Or nous voudrions que leurs compétences acquises en prison soient reconnues à l’extérieur. Si on pouvait les valider, ils trouveraient ainsi plus facilement de l’embauche à l’extérieur.
Fan de l’univers de Stanley Kubrick
Avant de devenir directeur de la prison de Marche, Frédéric de Thier a déjà derrière lui une carrière de 25 ans dans le milieu carcéral.
D’où l’importance des loisirs aussi. «Je me chauffe au bois, donc je travaille énormément dans les bois. Il n’y a rien qui me défoule plus que fendre des bûches (rires). Plus généralement, j’aime la nature. J’aime le cinéma, même si je n’ai plus trop le temps d’y aller, tout particulièrement l’univers de Stanley Kubrick. En musique, je suis plutôt chanson française, des classiques comme Barbara, Renaud, Brassens, Brel. J’aime également de temps en temps un bon restaurant, accompagné de bons vins. Rayon voyages, j’aime beaucoup Lisbonne. Même si ce n’est pas la plus belle ville du monde, il s’y dégage une ambiance que j’apprécie particulièrement. Sinon, je me réjouis de découvrir bientôt Berlin».
25 ans dans le milieu carcéral
Avant de devenir directeur de la prison de Marche, Frédéric de Thier a déjà derrière lui une carrière de 25 ans dans le milieu carcéral.
En voici les principaux jalons:
– De 1988 à 1998: adjoint à la direction à la prison de Lantin.
– Six mois dans la commission des libérations conditionnelles.
– Ensuite, un an et demi chef d’établissement à la prison de Huy.
– Un an et demi chef d’établissement à la prison de Namur.
– Durant six ans, directeur du personnel à la prison d’Andenne.
– Durant cinq ans, directeur de formation pour la partie francophone du pays à Marneffe.
– Depuis deux ans, directeur de la prison de Marche-en-Famenne.

Source : lavenir.net
_________________
Titi_nikki

La prison est un dépotoir de ce que la société ne sait pas gérer


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MessagePosté le: Lun 14 Sep - 17:02 (2015)    Sujet du message: Publicité

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